LE PANLOGON




"Ma vie de femme, d'artiste, de mère, d'enseignante s'accompagne d'un film journal.
Commencé début 2001, lors de l'acquisition de ma première unité de montage vidéo personnelle, LE PANLOGON a toujours été le nerf de mes recherches et de ma réflexion.
Cette collection de plans séquence vidéo, numérotés de 0 à l'infini (le numéro 1000 a été tourné lors de la diffusion des 10 ans du PANLOGON au Cinéma Eldorado à Dijon, en présence de Joseph Morder) est un travail mené au quotidien (tournage, montage et mixage), au rythme de la vie et des aléas de la mienne.
A la fois autoportrait, journal de bord et carnet de croquis, ce film journal me suit dans tous mes voyages et accompagne toutes mes expériences. 
Tous mes projets y naissent et s'y développent."

Lydie Jean-Dit-Pannel 2011


LE PANLOGON
Work in progress video 2001 / 2011
Images / Montage / Réalisation : Lydie Jean-Dit-Pannel
Musique : Aurélie Briday  (Pilgrims & Romans) / EZG

Un film journal à l'affut du monde depuis 2001,
Quelques centaines de plans séquences par saison,
De 0 à l'infini.


LE PANLOGON 1 - Printemps 2001 / Eté 2004  ( # 001 à # 444 )
74 minutes
Comme si les feuilles des carnets de voyages s'étaient volontairement mélangées: France, Chine, Jordanie, Inde, Malaisie, Maroc, Afrique du Sud, Québec, Taiwan, Italie, Hongrie, Espagne.


LE PANLOGON 2 - Automne 2004 / Automne 2006  ( # 445 à # 592 )
35 minutes
Colombie, France, Angleterre, Ouest Américain, Danemark, Mexique, Espagne, Hongrie, Pays-bas. Le projet  «Mes encres» se dessine. Quête du papillon monarque.


LE PANLOGON 3 - Automne 2006  ( # 593 à # 626 )
12 minutes
France, Yucatan (Mexique). La  «Chica mariposa».


LE PANLOGON 4 - Hiver / Printemps 2007  ( # 627 à # 665 )
11 minutes
France, Thaïlande, Dubaï, Suisse, Lichtenstein.


LE PANLOGON 5 & 6 - Eté 2007 / Automne 2009  ( # 666 à # 804 )
41 minutes
France, Autriche, Venise, Floride, arrivée du format 16/9, Japon, Malaisie, Bornéo, Cambodge, Québec.


LE PANLOGON 7 - Hiver / Printemps 2009  ( # 805 à # 849 )
13 minutes 30
France, Exposition JE VOIS, Mexique.


LE PANLOGON 8 - Eté 2009 / Hiver 2010 ( # 850 à # 916 )
23 minutes
France, Allemagne, Pologne, Lituanie, Montréal, Andalousie, Exposition ALIVE.


LE PANLOGON 9 - Eté 2010 / Hiver 2011  ( # 917 à # 1000 )
34 minutes
France, USA (Bonneville, Spiral Jetty, Charles Bukowski), Espagne (Museo Vostell), les 10 ans du PANLOGON.


LE PANLOGON 10 - Printemps 2011 / Hiver 2012  ( # 1001 à # 1112 )
32 minutes
France, Inde, USA, performance ALIVE.


LE PANLOGON 11 - Hiver 2012 / Eté 2012  ( # 1113 à # 1175 )
19 minutes
France, Ile de La Réunion (l'arbre du voyageur), élections présidentielles.




Les 4 premières sessions du PANLOGON sont réunies et éditées dans le double DVD
ARM IN ARM, Lydie Jean-Dit-Pannel 1990 / 2007, disponible chez ArtMalta.

Extrait du texte de Martine Le Gac, 2 mai 2010, dans le catalogue ALIVE.

"En comparaison avec les vibrations optiques d’autres vidéos que l’artiste a réalisées par ailleurs — Mille e tre, Circus, Arm in Arm — , montées à des cadences prodigieuses, le déroulement du temps dans Le Panlogon, quand il suit normalement son cours, semble ralentir comme si au cœur d’un réel ordinaire se trouvaient les sons inattendus et l’impondérable. Celui-ci se présente presque toujours sous la forme d’un micro événement. S’il est spectaculaire, il n’est le plus souvent qu’une succession de déplacements à la limite de l’insignifiance. Pourtant, la vache qui traverse la route et le chien qui s’endort, la chenille qui avance, le moindre geste, sont regardés comme des miracles de vie expressive. L’œil trouve à chaque fois, au fur et à mesure que s’égrainent les captures vidéo, un rien du tout d’une densité phénoménale qui, grâce à l’art, prend une allure exceptionnelle. L’ouïe et la vision, mises en alerte, gagnent en finesse, en reconnaissance de ce qui jusqu’alors n’était pas considéré comme remarquable."

Extrait du texte de Stephen Sarrazin, Tokyo Avril 2010, dans le catalogue ALIVE.

"L’objet sans fin, le projet à perpétuité de Lydie Jean-Dit-Pannel, Le Panlogon, navigue ainsi entre une captation brute d’un lieu, d’un événement chargé de potentialités, et l’acte de ciseler, ou d’extraire, trancher, là où il faut pour atteindre l’aura, l’épiphanie, la singularité d’une image-séquence, qui mène vers une quête du tout. Toutes les langues, voilà de quoi se compose cette oeuvre qui les saisit au fil des voyages de l’artiste, de l’Europe à l’Amérique du Nord à l’Asie, des bribes de monologues, diatribes, échanges et réjouissances. Il en va de même pour les langages, les formes, les médiums, tous conviés dans cette entreprise qui fait de la collection un autoportrait allégorique. (…)
Le Panlogon parle d’abord la langue de l’image en mouvement, et converse avec le cinéma, la télévision et l’art vidéo. Entre road movie et vidéo tourisme, nous reconnaissons le Monument Valley de Ford, la Devil’s Tower de Spielberg, traversées Américaines teintées de Brautigan et Bukowski et de culture rock. De la Floride à Las Vegas, le besoin de s’y être rendue informe la trame narrative, cinéphilique, de ce passage américain, tout entier tourné vers le lieu saisi plutôt que l’instant retenu. Incarnation d’un ailleurs si familier, auquel répondent les images des retours en France, et de ses micro-errances dans un appartement, une rue, une ville. Très peu d’effets, de trucages, un ralenti, une trouvaille sonore; l’artiste aura effectué un dépouillement technologique au cours de cette décennie qui tire à sa fin. Elle passe ainsi de l’art vidéo à l’art actuel, en rendant la technologie invisible, mot d’ordre pour des artistes aussi distincts que John Sanborn et Bill Viola. Lydie Jean-Dit-Pannel a souligné à maintes reprises son amour pour l’oeuvre de Wolf Vostell, auquel le passage 444 du Panlogon rend hommage, avec l’artiste posant nue, comme le firent tant de modèles chez Vostell, sur une installation voiture-béton qui se trouve en Espagne. (…)