18.5.11

ALIVE.





"Il y a 14 ans, j’ai  rencontré à l’insectarium de Montréal la trajectoire du papillon monarque.

Un papillon de moins d’un gramme capable de franchir près de 4000 kilomètres afin de se reproduire et d’assurer la survie de son espèce. Un voyage panaméricain. Un déplacement de masse par dessus des frontières. Un aller / retour Canada / Mexique chaque année. Des centaines de millions de spécimens se retrouvant en même temps sur quelques hectares de forêts. Des paysages de montagne qui, durant quelques mois, s’animent et bruissent d’une nappe orangée. Des légendes populaires accompagnant une curiosité biologique. Trois générations pour accomplir le voyage de retour. Un phénomène à l’étude depuis une quarantaine d’années.

Fascinée par les mœurs et la migration complexe de cette espèce, j’ai placé le lépidoptère voyageur au cœur d’un travail de réflexion, de recherches et de réalisations plastiques. 
Par le biais du tatouage, de la vidéo, de la photographie, de l’action et de l’installation j’ai conçu ces 10 dernières années un corpus d’images important. 


Lors de mes voyages, que je me déplace pour des raisons professionnelles, familiales, ou secrètes, je fais inscrire sous ma peau l’image d’un papillon monarque femelle à échelle 1. 
Au fil du temps, mon corps, comme les paysages mexicains, se pare du murmure du seul papillon migrateur de notre planète. Je porte à ce jour 47 paires d’ailes orangées collectionnées aux coins du monde. 

Aujourd’hui, le monarque est sévèrement en voie d’extinction, les spécimens sont de moins en moins nombreux à être observés et à arriver en novembre dans les forêts mexicaines. La pollution et la déforestation petit à petit les digèrent. Les regarder évoluer est devenu mon échelle de l’état du monde. 
Je suis en alerte.

J’utilise comme vecteur le personnage que je me suis fabriqué, celui de «la dame papillon», comme l’on m’appelle dans mon quartier, sur les réseaux sociaux et ailleurs. Ce personnage, je le fais coïncider avec un personnage iconique, celui de Psyché.
Aventurière solitaire, amoureuse blessée et guerrière survivante, Psyché s’est imposée comme mon alter-ego artistique. Cette héroïne antique pensive, est devenue mon égérie. Personnification de l’âme, dans toute son iconographie Psyché est représentée sous sa forme d’humaine cherchant à retrouver l’amour d’Eros, ou sous sa forme de déesse, avec des ailes de papillon. Une héroïne tourmentée porteuse de ce qui lui fera traverser les siècles: sa malédiction, sa résistance à l’ordre établi, son courage, sa persévérance. Un certain type d’aventurière dont la plus grande qualité serait la curiosité. A travers elle, dans le sillon de la figure du papillon Monarque je dis mon désir d’amour et de voyage, comme ma déception face à une humanité qui court à sa perte.

Inspirée plus particulièrement par la toile Psyché abandonnée de Jacques-Louis David (vers 1795)  et par le texte Les métamorphoses d’Apulée, j’incarne ce personnage et le mène dans mes productions. Lors de mes errances à travers les paysages toxiques de la planète je m’interroge sur la nécessité de montrer pour alerter."



Lydie Jean-Dit-Pannel 2018








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NEWS





18 janvier - 30 mars 2019
Exposition solo Artothèque de Caen


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30 novembre 2018 - 24 février 2019
Exposition  La fin des jours
Musée des Beaux-Arts de Dole
Commissariat Amélie Lavin & Lydie Jean-Dit-Pannel

Les œuvres de la collection du musée discutent avec mon travail.
Guests : Fanny Durand, Coline Jourdan, Héloïse Roueau, Gauthier Tassart


"En préambule de sa première exposition rétrospective, qui s’y tiendra en 2020,
Lydie Jean-Dit-Pannel s’immisce dans les réserves du Musée des Beaux-arts de Dole pour chercher les signes annonciateurs de la fin des temps. Aiguillée par Amélie Lavin, directrice du lieu, elle a patiemment passé en revue l’inventaire de ses collections à la recherche des œuvres qui illustreront son récit eschatologique, l’idée qu’elle se fait de l’achèvement du monde. Convaincue que ces œuvres dormantes, parfois abîmées par le temps, peuvent nous aider à appréhender notre présent comme notre avenir, elle les articule entre elles au sein d’une narration symbolique, décrivant le cycle de la nature et son funeste dérèglement par l’humanité. Le parcours de l’exposition débute et se termine ainsi par les images d’une nature vierge, libre et sauvage, entre lesquelles la fresque des exactions humaines - des destructions liées à la guerre à l’exploitation industrielle du vivant - matérialise les causes et les formes d’une possible apocalypse. 

Les œuvres trouvées dans les collections du musée sont ici mises en regard avec celles de l’artiste et de ses invité.e.s de manière à en actualiser la lecture. Lydie Jean-Dit-Pannel a en effet souhaité s’entourer de jeunes plasticiennes (Fanny Durand, Coline Jourdan, Héloïse Roueau), posant au passage l’hypothèse d’un sursaut de conscience spécifiquement féminin, et de son complice Gauthier Tassart, avec qui elle poursuit une collaboration autour des chants d’oiseaux. Le dialogue qui s’installe renvoie alors dos-à-dos l’imaginaire naturaliste des peintures anciennes, hérité d’un passé où la crise écologique n’était pas encore d’actualité, et les représentations critiques du contemporain, expressions sensibles d’une menace qui se fait chaque jour plus concrète. Il en va alors de la responsabilité de l’artiste comme de son devoir de citoyenne : la vision lucide du danger ne saurait autoriser la moindre indifférence.

« La Fin des jours » reprend donc sous la forme d’un commissariat les thèmes fondamentaux de la recherche de Lydie Jean-Dit-Pannel qui crée comme on crie, pour lancer des alertes, exprimer sa colère ou partager ses espoirs. Son œuvre prolifique — rassemblant vidéos, photographies, performances, sculptures, installations et écrits — donne forme à une mythologie personnelle mise au service d’un engagement écologique appuyé, soucieux de restaurer le lien de l’homme à son milieu d’origine. Sous les traits de Psyché, maîtresse malheureuse d’Eros, entourée de ses armées de papillons monarques, de rois gorilles et de pâquerettes guerrières, elle parcourt le monde pour dresser le constat des blessures infligées à la terre. Les pérégrinations de cette héroïne bafouée, qui réalise la synthèse de l’idéal romantique et de la désillusion punk, sensibilisent ainsi à la précarité d’un monde désormais en sursis. Sans céder à un déclinisme stérile, ni fermer les yeux face à cette situation d’urgence, Lydie Jean-Dit-Pannel invite ici le public à contempler le spectacle de la fin des jours comme on regarderait un coucher de soleil, projetant par-delà la vision du crépuscule la promesse d’un éternel retour. "


Florian Gaité



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Octobre 2018
Les textes de mes errances atomiques sont publiés dans la revue
Inter, art actuel (Québec)
dans le numéro Apocalypse.







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Nouvelle série photographique en cours de réalisation.
Animaux en voie de disparition sur cellule de films super 8 malades (maladie du vinaigre).








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Juillet 2018
Road Trip atomic au Royaume-Uni pour la série de photographies 14 secondes.








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En cours de réalisation, la pièce murale La fin des jours.


Pour cette prochaine installation, j’ai besoin de votre contribution.
L’installation sera composée de 1825 cartes postales de coucher de soleil (vue unique, sans marges blanches). Si chacun d’entre vous m’envoie une carte postale crépusculaire de son site de vie, de vacances, de travail, il me sera possible de travailler cette accumulation.
Au plaisir de vos envois au 5A rue Brulard 21000 Dijon.
(Le nom de chaque participant figurera sur le cartel de la pièce.)







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Mes sérigraphies NO SURRENDER et ALIVE. entrent dans les collections de l'Artothèque de Caen aux côtés de 2 de mes photos dont l'hommage à Joël Hubaut
et d'une de mes affiches.




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Tatouage Magazine Mai / Juin 2018.







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On parle de mon travail dans le numéro de "Bref", spécial mai 68.




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Nowhere diffusé au Festival International d'art Vidéo de Casablanca du 24 au 28 avril.




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Une nouvelle sérigraphie est arrivée !
(commande par mail)

ALIVE.
Sérigraphie trois couleurs sur Fabriano Rosaspina
70 x 50 cm, tirage à 40 exemplaires numérotés et signés
Lydie Jean-Dit-Pannel, La Belle Epoque 2018







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AD INFINITUM. mention spéciale du jury du prix Vidéoformes 2018. 




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Sortie du catalogue de la collection du Frac Normandie Caen. 
Ma pièce Tout va bien (A Tribute to Wolf Vostell) est là-bas.



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Exposition I am what I am (sur une proposition de Julie Crenn)
ICI.GALLERY, Paris 
Exposition du 8 février au 17 mars 2018

Un autoportrait est une manifestation politique de l’artiste
qui se rend présent.e face à nos yeux. 
Julie Crenn (2017)

Artistes proposés :
Soufiane ABABRI – Lahouari Mohammed BAKIR – Virginie BARRÉ – Joachim BIEHLER – Julian BURGOS – Coraline DE CHIARA – Guillaume CONSTANTIN – Bady DALLOUL – Gaston DAMAG – Aurélie DE HEIN- ZELIN – Mathilde DENIZE – Damien DEROUBAIX – Hervé DI ROSA – Noël DOLLA – Léo DORFNER – Edi DUBIEN – Charlotte EL MOUSSAED – Esther FERRER – Thierry FONTAINE – Pélagie GBAGUIDI – Rohan GRAEFFLY – Charles HASCOËT – Stéphanie HOAREAU – Anne HOREL – Lydie JEAN-DIT-PANNEL – Carlos KUSNIR – Arnaud LABELLE ROJOUX – Matthieu LAURETTE – Natacha LESUEUR – Claude LÉVÊQUE – Pascal LIÈVRE – Michèle MAGEMA – Gabrielle MANGLOU –Roberta MARRERO – Philippe MAYAUX – Myriam MECHITA – Fabien MÉRELLE – Marie-Claire MESSOUMA MANLANBIEN – Marlène MOCQUET – ORLAN et Virgile NOVARINA – Cécile PARIS – Françoise PÉTROVITCH – Raphaëlle RICOL – Damien ROUXEL – SMITH – Apolonia SOKOL – Michèle SYLVANDER – Abel TECHER – Agnès THURNAUER – Delphine TROUCHE – Erwan VENN – Amina ZOUBIR.




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Exposition White Blood, Blue Night
2 nouvelles pièces dans cette exposition collective autour des sorcières
(commissariat Julie Crenn) :
"Mes Rois" et "Nos dernières chances".
Centre d'Art Contemporain La Traverse, Alfortville 
du 18 janvier au 3 mars 2018

L’exposition WHITE BLOOD, BLUE NIGHT est envisagée comme un cercle magique à l’intérieur duquel sont présentées les œuvres d’artistes qui participent chacun à leur manière d'une résistance liée au soin, à la spiritualité, aux corps, à l’écologie, au politique,
au féminisme…

Artistes :
Martine Aballéa • Giulia Andreani • Raymonde Arcier • Béatrice Cussol • Camille Ducellier • Vidya Gastaldon • Mélanie Lecointe • Pascal Lièvre • Lydie Jean-Dit-Pannel • Myriam Mechita • Myriam Mihindou • Elena Moaty • Agathe Pitié • Stefan Rinck • Buhlebezwe Siwani • Skall • Sarah Trouche • Floryan Varennes • Adrien Vermont • Jean-Luc Verna






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AD INFINITUM.le film de mon Road trip atomique en France
est distribué par Le Vidéographe à Montréal,
le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir à Paris
et Heure Exquise ! Distribution.

Prochaines diffusions :
Jeudi 25 janvier au cinéma Devosge à Dijon,
puis en compétition au festival Vidéoformes à Clermont-Ferrand du 14 au 17 mars 2018.




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Diffusion de Nowhere.
Aux 30e Instants Vidéo de Marseille 2017


(Extrait du texte de Jean Paul Fargier
Papales, Fatales, Normales Vidéos (aux Instants Poétiques de Marseille)
paru dans la revue Turbulences Vidéo n°98)


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Article dans Le Monde du 18 août 2017


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Diffusion Atomique.
Julie Bertuccelli, présidente de la Scam et Heure Exquise !
ont le plaisir de vous inviter à la projection de trois films de Lydie Jean-Dit-Pannel.
Lundi 25 septembre à 19h
SCAM, 
5 avenue Velasquez, 75008 Paris



Puis, diffusion de AD INFINITUM.
au Palais des Beaux-Arts de Lille le 31 octobre 2017.

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Encore vivants.
Performance pour Les intrus # 4 : Les Rudérales.
Maison des Arts de Malakoff
1 juillet 2017 à partir de 14h30

Performance pour 18 mannequins de réanimation et une performeuse.
Commissariat Florian Gaité



Le programme « les Intrus » prend à nouveau ses quartiers d’été à la Maison des arts,
centre d’art contemporain de Malakoff, une bâtisse au style néoclassique, devenu lui-même une anomalie paysagère dans un espace urbain bétonné. A l’initiative de sa directrice, le centre d’art accueille une programmation entièrement dédiée aux arts vivants, faisant de ces invités les intrus éphémères d’un espace ordinairement dédié aux arts plastiques.
Inspirée par la lecture de L’Intrus de Jean-Luc Nancy, le récit de la greffe du coeur subie par le philosophe, la thématique cherche à rendre compte du sentiment d’étrangeté du corps en acte, lui-même envahi, occupé, hanté par les sujets qu’il performe. Corps étranger ou corps habité, la programmation expérimente ces rapports à l’espace vide en passe d’être occupé.
A une époque où l’intrusion généralisée génère sentiments d’alerte et fantasmes liés à l’invasion d’un territoire ou d’une intimité, la proposition questionne le centre d’art entre lieu d’hospitalité et habitat à coloniser.

Les intrus # 4 : Les Rudérales. (Danse/performance)
Menée au coeur de l’exposition en cours à la maison des arts, centre d’art contemporain de Malakoff, cette résidence propose une fin ouverte au cycle « Les intrus ».
Elle prend pour insigne les rudérales, ces plantes qui poussent sur les débris, les ruines et les déchets. Intruses d’un monde civilisé rendu à son état naturel, elles sont ici les métaphores d’une communauté féminine survivante ou résiliente.
La performeuse Lydie Jean-Dit-Pannel installe ainsi un climat d’urgence à travers la vaine réanimation de mannequins, sensibilisant à la menace écologique sur le mode d’une farce désespérée, quand David Drouard convie six danseuses contemporaines et une musicienne
(violon amplifié) à réinterpréter sa vision du Sacre du printemps, repensée à l’heure de l’anthropocène.









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Diffusion du film AD INFINITUM.
Dans l’exposition
ORDINAIRE DU DÉSASTRE PERMANENCE DE LA JOIE 
Du 2 juillet au 15 août 2017.
(commissariat Maison Laurentine)
A L’Expédition, Chateauvillain


Le jour du vernissage (2 juillet), écoute en avant première de
Un monde merveilleux
reprise de What a wonderful World
réalisée en collaboration avec Gauthier Tassart.

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Première de AD INFINITUM.
le film de mon road trip atomique en France.
Forum des images, Paris
13 juin 2017, 21h

Programmation Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir
en partenariat avec le Forum des images et la Mairie de Paris.

La projection du film sera suivie d'une discussion,
en présence de Eliott Gualdi qui signe la musique originale du film,
et de Yannick Rousselet, conseiller technique.





AD INFINITUM.
35 minutes, 2017
Images / montage / réalisation : Lydie Jean-Dit-Pannel
Musique originale : Eliott Gualdi
Création sonore additionnelle : Gauthier Tassart
Conseiller technique : Yannick Rousselet

"Aventurière solitaire, amoureuse blessée et guerrière survivante,
Psyché s’est imposée comme l’alter-ego artistique de Lydie Jean-Dit-Pannel.
A travers cette héroïne, dans le sillon de la figure du papillon Monarque
qui lui a d’abord servi d’emblème,
la plasticienne et réalisatrice dit son désir d’amour et de voyage,
comme sa déception face à une humanité qui court à sa perte,
exposée au danger mortel du nucléaire. 
Pour le film & a Fade to Grey (2014),
elle est allée au bout du monde à la recherche des lieux de l'histoire marqués par l'atome. Hiroshima, la région de Fukushima, Tchernobyl, le Nevada test Site,
Los Alamos, le White Sands missile Range…
Mais jamais elle n'a pu oublier que qu'elle vivait en France.
La France et ses 58 réacteurs, la France et ses sites de stockage,
la France et ses installations nucléaires militaires,
la France et ses sites de démantèlement, la France et ses déchets.
La France pays le plus nucléarisé au monde. 
Elle a pris seule la route un tout petit matin de septembre 2015.
Ad Infinitum.
6 mois, 10 141 kilomètres, 37 sites nucléaires."


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A l'occasion de la première de AD INFINITUM.,
édition d'une série de badges
NO SURRENDER
(commandes possibles par mail)




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Nowhere

 présenté au Montreal Underground Film Festival
dans le programme Retour Cosmique / Cosmic Feedback.
Mai 2017




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Rudérale.
Exposition personnelle
Galerie La poussière dans l'œil, Villeneuve d'Ascq
Du 21 janvier au 4 mars 2017


A l'occasion de l'exposition, édition d'une série de badges Psyché s'abandonne.


et de
 NO SURRENDER
Sérigraphie deux couleurs sur Fabriano Rosaspina
70 x 50 cm, tirage à 40 exemplaires numérotés et signés

(commandes possibles par mail)





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15 mars 2017, 18h
Ad Infinitum
Conférence de Lydie Jean-Dit-Pannel
Ecole européenne supérieure de l'image, Poitiers
+
16 mars 2017, 20h
Avant première du film Ad Infinitum
Cinéma Le Dietrich, Poitiers





"L'automne était là. Elle avait chargé sa voiture et prit la route au tout petit matin. Elle assista au lever du soleil au sortir de la ville. Tout devint orange dans la zone commerciale qui mourrait sur la campagne. L'arrivée des Ray-Ban sur son nez fût splendide. Elle se cala dans son siège, mit un peu de chauffage, écarquilla tous les pores de sa peau, alluma une cigarette et connecta son vieil ipod. Les filles du Tigre hurlèrent dans l'habitacle. Elle était sur la route. Elle commençait un tour de France de l'atome. Après plusieurs mois sur les chemins nucléaires au Japon, en Ukraine, aux Etats-Unis, elle s'attaquait à son pays. La France et ses 58 réacteurs. La France et ses sites de stockage. La France et ses anciennes mines d'uranium contaminées. La France et ses installations nucléaires militaires. La France et ses sites de démantèlement. La France et ses projets d'enfouissement. La France et ses déchets. La France pays le plus nucléarisé au monde. Seule avec ses démons et ses obsessions, elle partait sans aucune unité de temps. Juste une destination et puis une autre, à son rythme, à celui des images et des rencontres. Elle fit le tour à pied du site de stockage de l'Aube. Elle pissa dans une station service avec un bus entier de japonais sur l'aire du Haut-Koenigsbourg. Elle mit Psyché au bain dans le Grand canal d'Alsace face à la centrale de Fessenheim. Les fesses dans le Styx, elle contempla l'enfer. Elle se perdit dans le brouillard de Cattenom. Elle mangea un délicieux risotto vegan chez des amis de Metz. Elle filma des vaches, des ânes, des chevaux. Elle abandonna Psyché à chaque fois. Elle passa du temps au poste de gendarmerie de la centrale de Chooz. Elle chia sur les feuilles mortes dans les forêts des Ardennes en regardant passer un hanneton. Elle secoua les arbres pour faire une pluie jaune d'automne. Elle fût fascinée par la collection d'art brut du LaM. Elle se prit une cuite géante et dansa jusqu'au matin au Lyautais à Lille. Le silence électrique aux pieds des centrales la tétanisait. Elle regarda le dernier épisode de Orange is the new black dans un hôtel minable qui sentait les pieds des autres. Les personnages de la série lui manquèrent dès le lendemain. Elle avait l'addiction facile. Elle prit la direction nord ouest totale. Gravelines. Penly. Paluel. Cherbourg. La Hague.
Après plus de 10 000 kilomètres avec sa petite voiture sur les routes françaises, elle était de retour chez elle après cinq mois. Elle se sentait seule. Elle se rendait compte avec effroi que les sites nucléaires lui manquaient. La route lui manquait. L'adrénaline dégagée lorsqu'elle faisait ses images lui manquait. Elle passa les nuits qui suivirent son retour les yeux écarquillés sur la petite télévision en face du lit sans voir une seule image. Les jours étaient fait de tentatives de sommeil. Elle n'avait encore pas eu le temps de reprendre son journal de bord et de l'augmenter de son recul. Elle avait la digestion lourde. Des kilomètres d'images l'attendaient, des centaines de pages de notes prises à la hâte à décrypter.
Le truc c'était ça. Appréhender le site dans son ensemble. En faire le tour plusieurs fois par la route. Repérer les angles. S'emmancher sur chaque chemin. Marcher dans les ronces par les champs ou la forêt pour arriver au plus près de la cathédrale nucléaire. Tester plusieurs points de vue en essayant de ne jamais se trouver dans le champ des caméras de surveillance. Gérer l'endroit où garer sa voiture. Décider de l'espace où mettre en scène Psyché. Installer le trépied. Y fixer le petit Lumix. Enlever ses chaussures. Faire le cadrage. Vérifier qu'aucune ronde de gendarmes n'était en vue. Se dessaper rapidement — sa tenue de tournage (un jean noir usé, un blouson à capuche, des Doc Martens à fermeture éclair, pas de sous vêtements pour être Psyché au plus vite) commençait à être un peu sale. — Détacher ses cheveux. Enclencher le retardateur de l'appareil photo. Courir. Se jeter au sol. Attendre le ventre froid. Retenir sa respiration. Clic à 10 secondes. Clic à 12 secondes. Clic à 14 secondes. Se relever à la hâte. Mettre l'appareil en mode lecture. Vérifier que le corps était bien placé dans le paysage — Les graviers marquaient longtemps sur sa joue. Souvent il pleuvait. Toujours le silence électrique endémique aux sites nucléaires. — Répéter l'opération plusieurs fois. Jusqu'à avoir le sentiment d'une bonne photographie. De temps à autre présenter ses papiers d'identité. Trouver une explication à sa présence autour d'un site à risques. Feindre l'ignorance. Préserver ses images. Les discussions et les 37 sites atomiques autours desquels elle avait erré ces derniers mois hantaient ses jours ses nuits et chacun de ses actes d'amour. Elle pouvait toucher la folie du bout de ses ongles en étendant à peine le bras."

Extrait du texte "Rudérale.", Lydie Jean-Dit-Pannel 2016




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L'escarpolette atomique
dans l'exposition
Digérer le monde
(commissariat Julie Crenn)
Musée d'art contemporain de Rochechouart
Février / juin 2017





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Chambre à louer
(L'intimité du monde)
dans l'exposition
En toute modestie
(commissariat Julie Crenn)
MIAM, Sète
Du 4 février au 17 septembre 2017





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Un nouveaux spécimen a été ajouté à la Collection le 20 décembre 2016 :
 NAPLES par Marco Pépé.





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21 octobre 2016
Diffusion de & A Fade to Grey
Nau Bostik, Barcelone





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L'exposition What A Wonderful World (& i think to myself)
se prolonge jusqu'au 25 septembre au centre d'art Faux Mouvement à Metz.

Samedi 10 septembre de 15h à 20h,
MIX ATOMIC
Une manœuvre musicale de Lydie Jean-Dit-Pannel et Gauthier Tassart.








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Deux nouveaux spécimen ont été ajouté à la Collection les 22 juin et 22 juillet 2016 :
Psyché à LIEGE (par Léa Nahon) et un Spoutnick à MOSCOU.





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What A Wonderful World (and I think to myself)
Exposition solo au Centre d'art Faux Mouvement, Metz
Exposition du 30 avril au 10 septembre 2016.

Présentation en avant première de la série de photographies 14 secondes




Samedi 21 mai 2016, 14h
Lydie Jean-Dit-Pannel : L'insurrection de Psyché 
Discussion / Conférence de Lydie Jean-Dit-Pannel et Florian Gaité
Dans le cadre de la Nuit des Musées
Centre Pompidou-Metz
Auditorium Wendel

"Aventurière solitaire, amoureuse blessée et guerrière survivante, Psyché s’est imposée comme l’alter-ego artistique de Lydie Jean-Dit-Pannel. A travers cette héroïne, dans le sillon de la figure du papillon Monarque qui lui a d’abord servi d’emblème, la plasticienne dit son désir d’amour et de voyage, comme sa déception face à une humanité qui court à sa perte, exposée au danger mortel du nucléaire. Florian Gaité, critique d’art et docteur en philosophie, a noué un dialogue avec l’artiste autour de la question des mythologies contemporaines, comme des enjeux écologiques et politiques de son travail. Ensemble, ils reviennent sur la construction de cette légende personnelle et ses résonances actuelles, retracent les errances de Lydie-Jean-Dit-Pannel à travers les paysages toxiques de la planète et s’interrogent sur la nécessité de montrer pour alerter. La discussion sera illustrée par de nombreuses photographies et vidéos de l’artiste."


A propos de l'exposition, texte de Florian Gaité pour Inferno Magazine, à lire ici :
https://inferno-magazine.com/2016/06/01/lydie-jean-dit-pannel-what-a-wonderful-world-faux-mouvement-metz/




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Nouvelle vidéo :
"Nowhere"
9 minutes 30, 2016
Musique : Hili Enda

Victime de sa curiosité, Psyché va perdre Amour. Il s'arrache, sans mot dire, aux baisers et aux bras de son épouse désespérée et s'envole. Mais psyché avait saisi à deux mains sa jambe droite. Suspendue en l'air, compagne lamentable de cette ascension, elle le suit jusque dans la région des nuages. Epuisée, elle retombe sur le sol. Le dieu son amant se pose sur le cyprès le plus proche. Il lui annonce alors sa punition : il la quitte. Psyché, effondrée, se précipite de la rive du fleuve le plus proche. Mais le fleuve bienvaillant la saisit dans un tourbillon et, sans lui faire mal, la dépose sur ses bords couverts d'herbe et de fleurs.

(d'après "Les métamorphoses" d'Apulée, texte du II ème siècle)

Psyché vient d'échouer au bord de l'Escaut, à Doel, village fantôme de Belgique,

au pied d'une centrale nucléaire.







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Dimanche 3 juillet 2016 à 19h
Conférence / Projection ALIVE.
au Forum des Images, Paris
dans le cadre du cycle "La peau"






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& a Fade to Grey en compétition au
Festival International du Film Environnemental de Conakry
du 22 au 24 mars 2016


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Une série de 100 nouveaux badges ALIVE. vient de sortir.
Commander par e-mail jdpan@club-internet.fr






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12 et 13 janvier 2016
Diffusion du film journal Le Panlogon lors du colloque Cartographie de la mémoire
et de la vidéo Cela avait commencé par un accident
dans l'exposition Géographies mouvantes
Université royale des Beaux-Arts, Centre Bophana, Phnom Penh, Cambodge


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Un nouveau spécimen à été ajouté à la Collection après les attentats du 13 novembre :
PARIS par Karl Marc.





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Du 18 septembre 2015 au 31 janvier 2016
participation à l'exposition 
"Fukushima mon Amour"
18 bis bld Voltaire, Paris (M° Oberkampf)

Rencontre et discussion autour du film "& a Fade to Grey
Vendredi 11 décembre à 19h.




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En tournage pour une année, 
l'Opus 2 de la vidéo "& a Fade to Grey".


Pour le premier Opus, Lydie Jean-Dit-Pannel a mené son personnage
sur les chemins du monde à la recherche des lieux de l’histoire marqués par le nucléaire. 
Des lieux de catastrophe et d’abomination,
des lieux secrets de recherche et de développement atomique.
Mais jamais elle n’a pu oublier qu'elle vivait en France. 

La France et ses 58 réacteurs, 
la France et ses sites de stockage, 
la France et ses anciennes mines d’uranium contaminées, 
la France et ses installations nucléaires militaires, 
la France et ses sites de démantèlement, 
la France et ses projets d’enfouissement, 
la France et ses déchets.

La France pays le plus nucléarisé au monde. 

Un Road Trip atomique dans les paysages de notre pays,
région par région, au fil des saisons, Psyché cherche Amour.



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Tournage Opus 2
Brennilis, novembre 2015


Tournage Opus 2
La Hague, novembre 2015


Tournage Opus 2
Fessenheim, octobre 2015
(Psyché contemple l'enfer.)



Tournage scène d'introduction Opus 2
Kalkar, Allemagne, août 2015
(Escarpolette atomique.)




Tournage Opus 2
Nogent-sur-Seine, avril 2015





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"& A Fade to Grey"
 sélectionné
au festival Invideo 2015 de Milan, 
aux 28èmes Instants Vidéo de Marseille, 
au 16th Annual Planet in Focus Environmental Film Festival de Toronto,
au 12ème Festival de films pour l'environnement (FFPE) de Portneuf, Québec. 



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En cours de réalisation par Le Vidéographe, la vidéo documentaire
Dans le bruissement de Lydie Jean-Dit-Pannel
à propos de l'exposition rétrospective multi-sites
Lydie Jean-Dit-Pannel : 10 ans dans le bruissement du monarque
Montréal hiver 2014-2015
(Insectarium, Cinémathèque québécoise, Espace Cercle Carré, Le Vidéographe)






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Participation à SÉQUENCES "Apax collection" :
20 artistes invités à  pour une création libre sur/dans l’un des 20 volumes
de l’Encyclopédie Universalis (1re édition, 1968).
Dans le cadre d’une intervention unique sur un ensemble fragmenté,
est proposé une relecture des idéologies universalistes et de l’utopie encyclopédique.

"SURVIVRE" Lydie Jean-Dit-Pannel
(Multi-outil miniature 8 éléments, lampe de poche miniature, scie de poche,
sifflet d'urgence, miroir de signalement, couverture de survie, allume-feu,
allumettes waterproof, balle de coton allume-feu, piège à collet, cordelette de secours,
bobine de fil de survie, kit de pêche, kit de couture,
guide de poche des éléments essentiels de survie, Encyclopédie Universalis Volume 19,
boîte plexiglas gravée)







Photos : © Foto Black Sifichi. 
Conception et suivi du projet Séquences • Apax collection : © Frédéric Develay. 



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Nouvelle vidéo très courte : "LIBRE."
tournée en juillet 2015 à Portmeirion.


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L'intégralité du texte "So Psyché !" édité dans le premier numero de la revue Opossum.
A retrouver dans chaque numéro, 
les Chroniques atomiques de Lydie Jean-Dit-Pannel

Dans la revue n°2 : 
Un long week-end à Nogent-sur-Seine et autres racontars
(titre amoureusement inspiré de Jorn Riel)

Dans la revue n°3 :
Le violoniste boit du jus d'orange.
(une vache morte, une femme libre, de la nourriture gâchée,
les hasards de l'escarpolette et autres racontars)



Dans la revue n°4  :
14 secondes, état d'urgence.

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Texte de Florian Gaité dans la revue BRANDED. 
"Lydie Jean-Dit-Pannel : L'insurrection de Psyché" 



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Nouvelle photographie "Mille Seize"
réalisée en collaboration avec Stef Bloch
Juin 2015




Making of :

Cela avait été visuel mais déjà l'odeur était arrivée. Foudroyante. Elle mit la main à sa bouche et respira dans le col de sa veste le parfum léger de sa peau pour ne pas vomir. Tourner la tête, vite. Et se remettre à marcher. C'était très gros. Dans l'herbe verte. L'odeur ne voulait plus quitter son nez. C'est au retour qu'elle avait eu l'idée. Les mouches par centaines faisaient la bande sonore, mais c'est une photographie qu'elle décida de faire. Elle était pour quelques jours dans une session d'écriture avec des amis à la campagne. Ils se retrouvaient en fin d'après-midi pour travailler en commun. La journée, chacun s'occupait de ses démons. La maison était silencieuse, sans connexion internet. Ils s'étaient répartis dans les quinze pièces de la bâtisse. Elle quitta son ordinateur et partit faire une marche en direction de la forêt. Le ciel était lourd, les oiseaux chantaient avec ardeur, des milliers de graines de pissenlit flottaient délicatement dans les airs. Elle avait commencé son séjour par une longue insomnie contemplant l'aube avec des yeux secs. C'est au bout du chemin après le petit pont en métal vert, qu'elle était tombée nez à nez avec le corps mort énorme. De retour à la grande maison, elle ne pu faire autrement que de raconter à ses amis la vache morte. Dans la cuisine devant l'immense cheminée, ils préparaient un chili végétarien. Cela sentait bon le poivron au four. Ils eurent curieusement tous envie de voir aussi la vache. Ils garèrent la voiture dans l'herbe juste à côté du cadavre. Ses amis dire ah oui quand même. La vache avait le visage enfoui dans l'herbe. Heureusement on ne voyait pas ses yeux. Les paupières étaient closes comme dans un sommeil tranquille. Elle était très enflée, ses pattes se tendaient vers le ciel. Le photographe décida du meilleur moment pour la lumière et elle s'allongea dans l'herbe à côté de la vache. Elle retint sa respiration, ne regarda rien et colla son corps à la mort. Ils avaient convenus qu'elle poserait son bras au dernier moment sur la charogne. L'instant du contact la terrifiait. Détends toi, relâche ton bras, vas-y, pose le, je vais shooter. Elle enlaça l'animal. Juste gênée par les mouches qui se posaient sur son corps, elle avait fini par tout oublier. Non, le poids de son bras sur le muscle et la peau en putréfaction ne ferait pas s'ouvrir le cadavre plein de vermine. Non, il ne pouvait rien arriver de plus. Elle se détendit. Tout devint normal. Une légère tristesse s'installa. Elle éprouva de l'empathie. Elle mit la chaudière en marche et prit un bain brulant. L'ami qui lui prêtait la maison était tombé sur une fin de stock de baignoires pour obèses. Elle se lava longtemps et prit ses aises dans l'eau. La nuit n'avait qu'à venir. 

Plus tard, lorsque la photographie fût montrée pour la première fois, dans l'exposition "L'expédition", le cartel de l'image disait : 

"Psyché, le personnage adopté par Lydie Jean-Dit-Pannel s'allonge par fatigue et compassion contre les flans d'une vache morte, refusant de continuer à lutter contre les folies humaines et décidée à disparaitre avec l'animal. Par cette provocation tendre, désabusée et poétique, l'artiste nous invite à réagir enfin aux excès de la production industrielle du vivant."

Sa vue avait terriblement baissée ces derniers mois. Sans ses lunettes, elle ne pouvait plus voir la forme de la menthe sur les fraises au sucre. 



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Edition en 25 exemplaires numérotés signés du t-shirt
"Born Like This, Born Into This"
(d'après un texte de Charles Bukowski et un tatouage de Yann Black)


Les Ateliers Vortex ont invité des artistes à imaginer des visuels de tee-shirt
dans la démarche de création de multiples d'artistes.
Les tee-shirts sont sérigraphiés à la main aux ateliers ;
ils sont labelisés Fair Trade & coton bio.
Edition limité de 25 exemplaires homme et femme de différentes tailles. 
Prix de vente de 35€

Edition 2015 
Lydie Jean-Dit-Pannel / Pierre Beloüin & P. Nicolas Ledoux / Tout va bien /
Frédéric Houvert / Jonathan Brewer


Edition 2014
Julia Kremer / Marion Lemaitre / Olivier Lecreux /
Kristin Loekegaard / Guillaume Constantin


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En cours de réalisation, "Vanité 2"
"Vanité", 86 45 tours "Ashes to Ashes" David Bowie.
"Vanité 2", 45 tours "Atomic" Blondie.



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La photographie Love Streams
image phare de l'exposition DIJON, ANIMALE. en 2013 
en couverture de la revue Chimères, fondée par Gilles Deleuze et Felix Guattari.
Chimères N° 81 Bêt(is)es - Entre Derrida, Deleuze-Guattari et Sloterdijk
février 2014
(4 pages sur le travail à l'intérieur)



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Portrait / ITW A tire d'ailes dans le magazine web Boum ! Bang !



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Une série de 25 cartes postales a été éditée pour les 10 ans du Panlogon
avec le soutien de la ville de Clichy. 

Commander par e-mail jdpan@club-internet.fr


 LA BOITE NOIRE PANLOGON.
Edition 10 exemplaires numérotés et signés + 1 EA.
Commander par e-mail jdpan@club-internet.fr



La boîte contient :
Une série de 25 cartes postales éditée à l'occasion des 10 ans
du work in progress vidéo Le Panlogon.
Une photographie originale :
LOVE STREAMS tirée en 10 exemplaires numérotés et signés.
Un badge ALIVE et une carte de visite Ashes to Ashes.



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A suivre régulièrement,
le blog image réalisé pour la revue d'architecture Balack Balack: